Même les dragons ont une fin, de JM Oullion

led zeppelin jean michel oullionJean-Michel Oullion, diplômé de Sciences-Po Paris, est passionné de Rock. Il est l’auteur de biographies sur Pink Floyd, Bruce Springsteen et Moby. Son livre sur Led Zeppelin, Même les dragons ont une fin vient d’être édité aux Carnets de l’Info.

- Vous aviez déjà écrit sur Led Zeppelin, pourquoi avoir choisi d’écrire à nouveau sur ce groupe ? 
Mon ouvrage précédent sur Led Zeppelin (2005) était un petit volume en forme d’abécédaire de la collection Musicbook, aujourd’hui disparue. J’ai récupéré les droits et j’ai proposé à mon éditeur une nouvelle version modifiée et actualisée, pour compléter la collection des Carnets de l’Info initiée avec Pink Floyd et les Beatles. D’autant qu’en cinq ans, il s’est passé des choses concernant le groupe, comme l’éphémère reformation de 2007.

- Qu’est-ce qu’il représente pour vous ?  
Led Zeppelin fait partie de mon panthéon rock, au même titre que Pink Floyd, Moby et Springsteen (sur lesquels l’auteur a déjà travaillé et publié). C’est un groupe que j’ai découvert, hélas, seulement lorsqu’il s’est séparé en 1980 (j’étais en classe de troisième à l’époque) mais je suis resté immergé dans son univers depuis lors.

- Pourquoi des chroniques au lieu d’une « simple biographie » ? 
En fait, j’ai réagencé différemment l’abécédaire de 2005 en développant les chroniques des albums et des musiciens en solo, et je les ai fait précéder par la « saga du groupe » qui déroule leur aventure. C’est aussi pour rester fidèle au modèle déjà choisi pour le livre sur Pink Floyd. Au lecteur de lire l’histoire du groupe puis de picorer ensuite à son gré dans l’œuvre décortiquée !

- De quelle manière avez-vous abordé ces albums ?
Tous les albums sont analysés selon trois axes : la pochette d’abord (on sait que dans les années 70, les pochettes de rock pullulent de signes cachés), les titres de chaque album ensuite (en m’attachant tout autant à la construction du morceau qu’aux paroles) et enfin, à la portée générale de l’album (dans la carrière du groupe mais aussi dans l’histoire du rock en général).

led zeppelin iv- Quelle(s) difficulté(s) avez-vous rencontré avec ce travail très technique ?  
Pour Led Zeppelin, j’ai eu la chance de m’appuyer sur le corpus déjà réuni pour l’édition de 2005. La principale tâche a été de réunir une documentation consistante sur les années récentes, et surtout de recouper les informations sur tel ou tel événement, qui diffèrent d’un livre ou d’une interview à l’autre. Un exemple : Jimmy Page dit que Led Zep a rencontré Elvis à Las Vegas alors que c’est arrivé à Los Angeles. Les spécialistes du King sont plus fiables !

- Aimeriez-vous renouveler l’expérience avec un autre groupe ?
C’est toujours passionnant de se plonger dans la carrière d’un artiste ou d’un groupe de rock, dès lors que celui-ci a réellement apporté quelque chose à la musique, voire à la société. Il faut aussi porter un réel intérêt à son sujet car on va passer plusieurs mois à écouter sa musique. L’un des groupes que j’aimerais étudier dans les prochaines années serait probablement les Doors. Il y a une foule de groupes récents que j’apprécie, mais leur histoire est encore trop courte .

- Quel est votre album préféré de Led Zeppelin ? Pourquoi ? 
Sans hésiter Physical Graffiti, parce que ce double album contient la quintessence de l’art de Led Zeppelin : « beaucoup de clair-obscur dans la musique » pour reprendre l’image de Jimmy Page. Avec, à l’arrivée, des titres comme Kashmir, Trampled Under Foot, In The Light, le mésestimé The Rover et l’irrésistible Boogie With Stu… Entre autres…

physical graffiti- Autre question : quel album avez-vous préféré chroniquer ?
Le quatrième album, celui qui ne porte pas de titre, est sans doute le plus passionnant à aborder pour sa forte charge ésotérique et son côté mythique qui reste encore fascinant aujourd’hui.

- Vous avez choisi le titre Même les dragons ont une fin, pourquoi la métaphore du dragon ?  
Oui, je cherchais une baseline pour le livre lorsque je suis tombé un peu par hasard sur les lignes d’un poème de Tolkien qui disait : « So comes snow after fire, and even dragons have their ending (Alors la neige vient après le feu, et même les dragons ont une fin) » Je me suis dit que c’était l’image parfaite pour dresser le bilan du groupe. D’autant que dans mon esprit, Led Zeppelin a toujours véhiculé l’image d’un dragon crachant des riffs enflammés sur scène.

- Deux des membres ont une carrière solo, est-ce réellement la fin de ces « dragons » ?
L’histoire de Led Zeppelin en tant que groupe est désormais à écrire au passé, même si on ne peut pas exclure des retrouvailles furtives à l’occasion d’un événement caritatif. Jimmy Page est assis sur le patrimoine du Dirigeable et peine à s’en éloigner, John Paul Jones, toujours discret, peut encore surprendre avec les Them Crooked Vultures. C’est finalement Robert Plant le plus actif des trois survivants : le « vieux lion » sait encore rugir !

>> Extrait du précédent livre de Jean-Michel Oullion sur Led Zeppelin

>> Hommage de Jean-Michel Oullion à Ronnie James DIO (mai 2010)

>> Le site de Jean-Michel Ouillon : Internet, rock n’roll et culture générale

Interview de Auriane Steiner

 

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One Response to “Même les dragons ont une fin, de JM Oullion”

  1. discographie Led Zeppelin Says:

    Pour compléter mes quelques connaissances sur la discographie Led Zeppelin, je m’offrirais bien ce bouquin a Noël

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